Censure sans juge d’Internet et délit d’opinion

Vous avez peut-être (mais sans doute pas) entendu parler des lois LOPPSI et Terrorisme (cette dernière votée fin 2014) et de leur décret d’application (sorti en début d’année 2015).

Ces lois permettent à la police, sans intervention d’un juge et sans aucune transparence, de bloquer, avec l’aide de certains fournisseurs d’accès (pour l’instant, seuls les 4 plus gros en France, à savoir Orange, Free, SFR et Bouygues) un site Internet faisant l’apologie du terrorisme.

Pour ne pas accabler le gouvernement, il faut savoir que le PS a combattu le blocage sans juge avec succès lorsqu’il était dans l’opposition, pendant le mandat Sarkozy, avant de le voter quasi unanimement en 2014, avec l’aide du PCF (qui voulait en fait voter contre mais ne s’en est aperçu qu’après).

Le blocage, techniquement parlant, est un blocage DNS, mais cela n’a guère d’importance ici.

Le premier site dont quelqu’un (un journaliste spécialiste du djihadisme, David Thomson) constate publiquement le blocage — puisque tout cela côté administration se fait dans l’opacité la plus totale — est islamic-news.info. C’est un site dont, personnellement, je n’avais jamais entendu parler jusqu’à ce jour. Si vous cliquez sur ce lien, vous allez vous retrouver :

  • ou bien sur une page d’avertissement du ministère de l’Intérieur, si votre FAI est l’un des quatre susnommés et que vous utilisez leurs serveurs DNS ;
  • ou sinon sur rien du tout, le site en question (chez un hébergeur français) ayant été manifestement coupé (on ne sait pas par qui).

Théoriquement, le principe de subsidiarité veut que l’hébergeur ait 24 heures pour couper le site incriminé ; le blocage DNS n’étant supposé être activé qu’à l’issue de ce délai et en l’absence de coupure par l’hébergeur ou l’éditeur. En fait, le blocage DNS n’était théoriquement destiné qu’à censurer sur le territoire français, les sites étrangers, non soumis à la LCEN. On voit donc que le ministère de l’Intérieur a interprété au sens large la loi qui a été votée en l’appliquant à un site hébergé en France.

Les deux blocages ayant été mis en place, rien ne dit que ce délai a été respecté (mais rien ne dit non plus le contraire), en raison de l’opacité des procédures. [mise à jour 16/3/2015] En fait, l’hébergeur affirme ne pas avoir été notifié au préalable. “Pq personne ne nous a notifié LCEN pour fermer le site ? J’apprends ce matin qu’il a été bloqué par le M Intérieur !?”.

Voici la page d’accueil de la police (qui ne fonctionne que si on arrive par un lien “principal” du site bloqué, et pas par un lien interne).

police

Cela dit il est facile de voir la page d’accueil du site (hors images) car celle-ci est encore visible dans le cache Google :

cacheislamicinfo

 

Il s’agit d’un site d’actualités islamiques apparemment assez “engagé”, comme d’autres sites non moins engagés mais sur d’autres sujets, également situés en France.

Le site fait-il vraiment l’apologie du terrorisme ? Difficile à dire, on entre là dans le jugement de valeur.

Et c’est bien tout le problème.

La police a “jugé” (guillemets) que oui, ce site fait l’apologie du terrorisme. Nous sommes obligés de lui faire confiance, n’ayant ni accès à l’intégralité du site, ni la possibilité de trouver quel est le contenu incriminé précisément (cela ne me saute pas aux yeux sur la page d’accueil).

La décision de la police n’a pas à être motivée, tout juste est-elle susceptible de recours gracieux, hiérarchique puis contentieux — les nouvelles règles sur l’acceptation implicite de l’administration en l’absence de réponse de sa part dans le délai imparti ne s’appliquent pas ici, ce serait trop beau :

En l’absence de réponse de l’administration dans un délai de deux mois à compter de la date de réception de votre recours, celui-ci doit être considéré comme implicitement rejeté.

Ensuite un recours est possible auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, ce qui est rendu d’autant plus difficile que la décision à contester n’est ni publique ni motivée.

La loi suscitée permet également à la police française d’exiger le déréférencement par Google et les autres moteurs de recherche, sans aucun recours prévu en revanche de ce côté.

Nous nous retrouvons donc dans un régime où la police, sans contre pouvoir réel car avec des voies de recours extrêmement difficiles et aléatoires, peut décider de ce que nous avons le droit de voir ou pas.

Vous pensez peut-être que, pour lutter contre le terrorisme, cela est parfaitement anodin et normal, et que les services administratifs de la police n’ont de compte à rendre à personne en termes de transparence.

[Mise à jour du 17/3/2015 “Beauvau n’avait pas prévu de communiquer initialement” sur ce sujet, nous apprend un article du Monde, mais dans ce même article nous apprenons que ces sites ont été ciblés parce qu’ils “ne constituaient pas des médias stratégiques pour les services de renseignement français, qui en ont besoin pour surveiller des candidats au djihad“. Autrement dit, les sites bloqués ne sont que des sites de seconde zone pour amuser la galerie, sans souci d’efficacité autre que médiatique. ]

Sachez alors que Christiane Taubira, ministre de la justice, propose l’extension de ce blocage sans juge aux contenus antisémites et racistes — sur simple estimation opaque et non motivée de la police, là encore.

Sachez enfin qu’un député PS, Guy Delcourt, du Pas de Calais, a demandé très récemment l’extension de ce blocage aux injures envers les élus (uniquement envers les élus), sous couvert de protection de la démocratie. C’est ici, trouvé par l’œil affûté de Nextinpact :

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-75404QE.htm

 

Dans l’indifférence, pour ne pas dire l’approbation, quasi-générale,  l’état de droit continue donc de s’effriter peu à peu avec la mise en place par nos gouvernements et parlementaires de procédures d’exception, sous prétexte de protection de… l’état de droit.

[mise à jour du 18/3/2015] à lire absolument car elle donne un tout autre point de vue, la réponse de l’auteur du site islamic-news.info chez Numérama.

[mise à jour du 16/3/2015] Incidemment, on remarquera que la page Facebook de Islamic-News existe toujours : seul un blocage complet de Facebook en France serait possible, ce à quoi la police n’a pas osé procéder. Le blocage DNS va donc pousser les groupes fondamentalistes à recentrer leurs contenus sur les sites comme Facebook et Youtube, qui pratique une censure qui leur est propre.

Compléments :

[mise à jour du 16/3/2015] Il y a (au moins) 2 autres messages à d’autres adresses IP, dénichés par Stéphane Bortzmeyer.

90.85.16.50 prévue pour le “contenu illicite” en général, sans précision.

mi-illicite

90.85.16.51 pour la “pornographie enfantine”

mi-porno

[mise à jour 16/3/2015 18h20] apparemment le ministère d’Intérieur n’apprécie pas que l’on aille consulter sa page d’interdiction sans vouloir aller sur un site interdit.

miforbid

J’ai donc créé les adresses interieur0.eu.org  interieur1.eu.org interieur2.eu.org

[mise à jour du 17/3/2015 9h38] Un article d’Amaëlle Guitton indique les autres sites bloqués, qui eux sont encore accessibles si on n’utilise pas un DNS menteur : .

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Petite histoire de la neutralité d’Internet à travers les âges

Comme vous le savez sûrement, la FCC (Federal Communications Commission) des USA a voté en faveur de la neutralité d’Internet aux USA.

Aussitôt, les telcos (opérateurs) US se sont élevés pour dire, en substance, que c’était une stupidité qui allait les empêcher de facturer plus cher, de mettre en place des priorités, et “donc” — je leur laisse la responsabilité du lien de causalité supposé — d’innover [alors qu’on peut démontrer, comme je l’ai fait ici, l’inverse d’un point de vue rationnel, et a fortiori quand on regarde l’histoire du Minitel tué par Internet et la loi de Moore]

Pour expliquer à nouveau pourquoi ils disent à nouveau des bêtises, il est intéressant de revenir sur différents épisodes similaires qui ont marqué l’histoire des réseaux de données.

1969 : Arpanet 1, Telcos 0

À la fin des années 1960, lorsque les concepteurs du réseau Arpanet (prédécesseur d’Internet) ont commencé à travailler, ils sont allés voir les opérateurs de télécommunications US, ou plus précisément, L‘opérateur de télécommunications US : AT&T, pour lui demander son avis sur l’architecture prévue.

AT&T a regardé les schémas de haut, et leur a répondu en substance : “écoutez les petits amis informaticiens, vous êtes bien gentils, mais votre truc, ça ne marchera jamais. Oh, vous allez bien vous amuser et échanger quelques données entre potes, mais passé une certaine échelle, tout s’écroulera. Chez nous, pour transmettre la voix, on construit les réseaux de manière fort différente, parce que la voix, c’est compliqué. Alors votre réseau ne saura jamais transmettre la voix correctement”.

Et on crut le telco. Les concepteurs d’Arpanet ont conçu Arpanet quand même, sans trop s’inspirer des conseils du telco, et pour connecter différents sites de recherche et échanger des courriers électroniques et des fichiers, cela fonctionnait très bien.

Peu après, au début des années 70, en France, Louis Pouzin et son équipe, informaticiens eux aussi, inventaient pour leur réseau expérimental Cyclades la lettre postale du numérique : le datagramme, le paquet de données ; qui disposait d’une adresse destination, comme une lettre, et qui permettait d’envoyer les données par morceaux.

Et également pendant ce temps, en France, les chercheurs de l’opérateur national concevaient également le futur réseau de transmission de données, Transpac, conçu suivant les règles de l’art, enfin, les règles de l’art des telcos, et une norme internationale, X.25. Tout cela calqué directement sur le modèle du réseau téléphonique, mais sans notion réelle de priorité, qui n’importait pas à l’époque : Transpac n’était fait que pour transporter des données, pas la voix. La voix, c’était la seule vraie application de masse des réseaux, elle était facturée cher car volumineuse, et à l’époque la connexion d’un gros serveur Transpac avait un débit largement inférieur à celui nécessaire pour une simple communication vocale.

Cyclades se développa, Transpac se développa et rapidement il fallut choisir quel serait le réseau déployé nationalement pour être commercialisé. Que croyez vous qu’il arriva ? Transpac, soutenu par l’opérateur national et conçu suivant les règles de l’art par les spécialistes de la question, remporta la manche.

1974 : Cyclades 1, X.25 0

Pendant ce temps, aux USA, Vint Cert et ses collègues reprenaient les idées de Cyclades : le datagramme, l’adressage logique, l’interconnexion des réseaux, et j’en passe, pour inventer TCP/IP qui devait permettre à Arpanet de devenir l’Internet que nous connaissons. Les telcos se pinçaient le nez devant à peu près l’intégralité de ces idées, qui violaient sauvagement les règles de l’art établies depuis des décennies par les spécialistes de la voix.

Puis au milieu des années 80 arriva en France le Minitel, qui répondait rigoureusement aux idées des telcos pour monétiser leur activité : faire payer à la connexion, à la durée, et éventuellement au débit. Car, comprenez-vous, il fallait éviter que les gens abusent du réseau et y prennent plus que leur part. Le meilleur moyen était de facturer rigoureusement à l’usage, non ?

Et on les crut. le Minitel fut un succès.

1980s : Internet 1, X.25 0

Pendant ce temps, Internet suivait le modèle des rigolos universitaires et chercheurs, qui n’étaient là que pour avoir un réseau qui marche entre eux et au moindre coût, et qui n’avaient pas les moyens de se payer X.25, équipements plus lourds, facturation plus chère, modèle moins souple.

Internet se développa d’abord aux US, puis commença à la fin des années 80 à conquérir le monde de la recherche, notamment en Europe, et finit rapidement par se trouver ici ou là nez à nez avec X.25, et lui fut largement préféré par ceux qui avaient le choix, parce qu’ils n’y connaissaient rien, les pauvres.

Quelques opérateurs Internet français ou européens, les données étant encore chères à l’époque, décidèrent d’appliquer un modèle de facturation inspiré du Minitel (qui avait pourtant amorcé son repli) pour répartir équitablement les coûts et éviter les abus, et moururent très rapidement face à ceux qui fournissaient des offres au forfait.

Voyant qu’Internet devenait de plus en plus fort, les opérateurs de télécoms n’étaient pas en reste. Ils avaient depuis la fin des années 80 travaillé sur les protocoles du futur, et en particulier l’ATM, asynchronous transfer mode. L’ATM était le réseau de données du futur : il était conçu suivant les règles de l’art et permettait de garantir la qualité de service, le débit, que-sais-je, en réservant et en facturant la réservation des ressources réseau, par souci d’équité et de business model sonnant et trébuchant.

Vous comprenez, il fallait bien que les telcos aient une motivation pour développer le réseau ! ATM était le vrai réseau des professionnels, permettrait de transporter correctement de la voix, de la vidéo, et toutes ces choses qu’Internet était totalement incapable de fournir sérieusement à grande échelle et internationalement, soyons sérieux.

Au milieu-fin des années 90, ATM était prêt et, c’était sûr selon les telcos, allait remplacer Internet dans le développement naturel des réseaux de données.

1990s : Internet 1, ATM 0

Curieusement, cela ne marcha pas : ATM était techniquement trop cher en matériel comme en utilisation, n’arriva jamais à se développer pour les communications internationales où il s’annonçait encore plus onéreux voire impossible à faire fonctionner avec les garanties luxueuses annoncées, et là encore Internet lui était quasi systématiquement préféré par les gens qui avaient le choix. L’histoire de X.25 avait tendance à bégayer.

ATM se retrouva cantonné aux département de recherche des spécialistes en télécom, et Internet devint le réseau international sérieux, c’est à dire exactement l’inverse de ce que les telcos avaient soigneusement planifié. Ceux-ci, pour éviter de se faire mettre au placard dans les 5 ans suivants, rachetèrent massivement les petits opérateurs Internet de l’époque, ou changèrent leur fusil d’épaule.

Donc nous sommes en 2015, où après 4 échecs sanglants du modèle telco des vrais spécialistes, les vrais spécialistes reviennent nous expliquer que la neutralité d’Internet, ce n’est pas bien sérieux et ça va empêcher le réseau de se développer pour faire des vraies choses dont nous allons avoir besoin très bientôt.

Alors… vous les croyez encore, vous ?

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Qualité de service et neutralité d’Internet

Je pose ici cette explication issue de réflexions personnelles suite à ma participation à une table ronde sur la neutralité au Forum sur la Gouvernance d’Internet 2014 — invité par l’AFNIC —, et en réaction plus générale à certains arguments d’opérateurs vis à vis de la neutralité d’Internet.

Désolé, il n’y a pas d’introduction sur ce qu’est la neutralité, en soi c’est déjà un long débat, mais le petit sketch ci-dessous de John Oliver permet de se mettre rapidement à niveau si vous comprenez l’anglais, sachant que la situation en Europe est beaucoup plus nuancée (pas de monopole, pas encore de législation anti-neutralité) mais que les telcos (opérateurs de télécommunications) n’y sont pas moins actifs en matière de lobbying.

On se reportera également au site de la Quadrature du Net et à un billet très complet de Stéphane Bortzmeyer ; mais ce dernier passe trop rapidement à mon goût sur un point technique particulièrement révélateur, sur lequel je voulais revenir.

La qualité de service, c’est quoi ?

La qualité de service (souvent abrégée QoS pour Quality of Service), c’est en vrac :

  • un terme marketing, pour dire que c’est drôlement mieux avec que sans, et que (donc ?) ça se paye ;
  • une façon de promettre, et parfois même de garantir, des temps de réponse les meilleurs possibles ;
  • des mesures techniques bien précises en matière de réseau.

Tout cela est relié, bien sûr. L’utilisation indifférenciée du terme permet souvent de faire passer des vessies pour des lanternes.

Je ne vais donc m’intéresser qu’au dernier point, car, pour avoir déjà géré un grand réseau interne avec mesures de qualité de service (qui se sont avérées largement superflues), j’ai vite vu que ce que l’on nous vend est un peu moins sexy que ce que l’on nous promet.

La qualité de service en réseau, c’est quoi ?

La qualité de service recouvre des mesures techniques variées. Il y en a deux qui m’intéressent ici, les principales :

  • le shaping ou mise en forme du trafic
  • la priorisation, ou ordonnancement

La qualité de service consiste à traiter différemment des trafics de nature différente (on parle de classes de trafic), afin d’« optimiser » l’utilisation du réseau.

Dans le premier cas, shaping, il s’agit de donner à une certaine classe des limites en termes de débit réel consommé. Autrement dit, plutôt que laisser le trafic correspondant s’écouler naturellement et utiliser l’espace disponible, on va le limiter artificiellement en dessous de la capacité réelle.

Dans le second cas, priorisation, il s’agit, exactement comme avec les cartes coupe-file au cinéma, de traiter le trafic sortant non plus dans l’ordre d’arrivée, mais en faisant passer les paquets prioritaires en premier.

Dans un cas comme dans l’autre, aucun trafic n’est accéléré, et aucun réseau n’est en fait optimisé : au final c’est en effet strictement le même trafic qui est transporté, dans un temps identique (en l’absence de shaping) ou supérieur (si le shaping est là pour ralentir certaines classes de trafic).

Mieux : une file prioritaire, comme au cinéma ou sur la route, n’a d’intérêt que si les autres files sont congestionnées. Sinon, tout le monde passe à vitesse normale.

Et les deux mesures vont très bien ensemble, car le shaping est la création forcée d’une attente, donc d’une file.

On remarquera aussi qu’à aucun moment la QoS ne fait fonctionner le réseau plus rapidement. Pourtant, c’est ce que l’on est tenté de croire, avec des termes si chatoyants.

Sur un réseau utilisé en dessous de sa capacité, il n’y a aucune attente. Donc, la QoS par priorisation est invendable : elle n’apporte rien, pourquoi payer plus cher ?

Pour que la QoS soit vendable, il faut donc conserver le réseau dans un état à la limite de la saturation.

Mais que nous disent les opérateurs pour justifier l’abandon de la neutralité ? “La gestion de trafic et la facturation de la QoS permettront de motiver les opérateurs à financer l’investissement dans la capacité du réseau.”

Eh bien non, la réalité est exactement contraire. Le but est de passer d’un marché d’abondance (on appelle ça “un marché de la demande”) à un marché de la pénurie (un “marché de l’offre” en termes polis, je cite la Fédération Française des Télécoms).

Pour une autre démonstration dans une situation plus ancienne mais similaire, voir aussi mon billet sur le Minitel vs Internet.

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Professions de foi et bulletins, élections européennes 2014, Île de France

Au cas où cela pourrait intéresser quelqu’un, ne serait-ce que pour des raisons d’accessibilité, voici  les documents que je viens de recevoir par courrier pour les élections européennes du 25 mai, région Île-de-France :

  • scan des professions de foi (attention : 50 Mo) pour 14 partis, dans l’ordre où je les ai reçues ;
  • scan des bulletins, pour 11 partis (tous simple face, sauf celui du PS, tels que je les ai reçus sauf celui du PS replacé en fin pour clarté)

et pour faire bonne mesure, la liste des 31 listes se présentant, sur le site du ministère de l’Intérieur, recopiée ici en document PDF car je doute que cette adresse soit pérenne.

Car, de plus en plus souvent dans les élections en France, à moins d’aller fouiner sur le site web de l’Intérieur, on ne sait qu’au dernier moment, au bureau de vote, quels sont les candidats ou listes pour lesquels on peut voter.

Ainsi, il faut vraiment être motivé pour apprendre que le Parti Pirate présente une liste en Île de France… j’aime bien leur phrase : “La NSA sait déjà que vous allez voter pour nous”.

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FTTH à Paris, après 6 ans, victoire !

Cette fois ça y est !

Ce vendredi (21 mars), soit, à quelques jours près, 6 ans après les premières démarches de la copropriété auprès d’un autre opérateur (timeline précise à venir), monsieur SFR est venu enfin installer la connexion fibre, après un rendez-vous pris le 12 mars via le site sfr.fr, et des confirmations le 20 au soir par téléphone que tout est prêt :

  • l’accès au local technique de l’immeuble (point de mutualisation), nécessaire pour relier la fibre de mon appartement à la fibre de l’opérateur choisi
  • le code de l’immeuble et autres détails d’intendance

L’accessibilité des goulottes pour passer la fibre du palier vers mon appartement restait à évaluer lors de la pose.

Comment l’installation se déroule-t-elle ?

D’abord l’installateur vérifie l’existence d’une goulotte reliant le répartiteur de palier à mon appartement. Il y passe alors une fibre largement dimensionnée, déjà préparée au bout d’une prise murale.

Voici la prise ouverte, après le câble posé, avant fixation de la prise. Les deux connecteurs optiques verts correspondent à deux arrivées, l’un sera utilisé par SFR, l’autre permet si je le souhaite de m’abonner à un deuxième opérateur.

IMG_20140321_121431_cut

Ensuite le technicien installe l’ONT (Optical Network Terminator), un petit appareil réalisant la conversion entre la fibre optique et la bonne vieille paire torsadée, avec sortie sur une prise ethernet RJ45 1 Gbps. Sur cette prise sera connectée la box SFR, éventuellement à travers un tableau de répartition ethernet classique. Ici, la LED “PON” reste allumée en orange, car le réseau côté opérateur n’est pas encore branché.

IMG_20140321_122423_cut

Puis nous descendons au sous-sol pour réaliser la connexion entre la fibre opérateur et la fibre immeuble vers mon appartement. Ici, de haut en bas on aperçoit :

  • le tableau de répartition vers les deux bâtiments de l’immeuble
  • le tableau de répartition de la partie Bouygues des fibres SFR-Bouygues arrivant de l’extérieur
  • le tableau de répartition de la partie SFR des mêmes fibres
  • en bas, boitier fermé, l’arrivée fibre Orange.

On note au passage que je suis le premier abonné de l’immeuble…

 

IMG_20140321_124234_r

Une fois ce branchement réalisé, il faut encore effectuer le branchement d’étage, qui consiste là en une soudure de fibre pour raccordement au boiter d’étage. Le câble jaune avec étiquette SFR provient du sous-sol et contient toutes les fibres pour cet étage ; le petit câble blanc est la sortie vers mon appartement.

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Et voilà !

Il ne reste plus qu’à installer la box SFR, la brancher sur le reste du réseau local, et faire quelques tests sur speedtest.net.

3397072527

Sympa : 19 fois le débit de mon ADSL en descente, 52 fois en montée. À nous les envois de vidéo HD !

Notez quand même que le temps de ping évalué par Speedtest est complètement farfelu, en fait le ping réel est aux alentours de 2-3 millisecondes vers les serveurs “proches”, le lien fibre lui-même vers le premier routeur de l’opérateur ne comptant que pour moins d’une milliseconde. C’est donc environ 5 fois mieux que l’ADSL en mode FastPath (6 ms) et beaucoup mieux que l’ADSL en mode par défaut (20 à 25 ms).

 

Si vous accédez à ce blog en IPv4, vous passez par la fibre, mais il me reste encore à passer ma connexion IPv6 sur SFR, ce qui n’est pas extrêmement simple (et pas complètement terminé) quand on veut appliquer par sécurité un peu de filtrage. IPv6 tel que délivré par les FAI a encore un peu de chemin à faire avant d’atteindre le même niveau de maturité qu’IPv4. J’en reparlerai.

 

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Le FTTH à Paris après 6 ans d’attente

La bonne nouvelle de ce jour : presque 3 mois après les tests d’installation, mon immeuble est enfin disponible à l’abonnement sur sfr.fr.

Il reste donc à demander et obtenir un rendez-vous.

Presque 6 ans pour en arriver là… cette fois touche-t-on au but ?

fibresfr

 

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FTTH : visite surprise d’Orange

Hier soir j’écrivais ceci : FTTH : et maintenant, les règles J3M ARCEP pour ralentir le tout

Et ce matin, coïncidence, appel surprise d’un technicien Orange qui passait faire sa visite de repérage pour ajouter l’arrivée fibre Orange sur le point de mutualisation.

Il m’a dit n’avoir reçu qu’hier soir un document SFR du 26 juin 2013 indiquant que l’immeuble serait fibré.

Orange passera installer son arrivée fibre selon lui « dans le courant du mois de février » pour une disponibilité à l’abonnement « peu après, une ou deux semaines ».

Il ne manque plus que Free à l’appel, c’est dommage car leur arrivée horizontale est déjà là depuis un bon moment…

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FTTH : et maintenant, les règles J3M ARCEP pour ralentir le tout

(Suite de Le FTTH à Paris : on touche au but !)

Toujours en attente de la mise en service de la fibre dans l’immeuble, plus d’un mois après le passage du technicien selon qui le délai n’était que de 2 à 3 jours.

Mais c’était compter sans le “J3M”, je cite le site ARCEP :

l’opérateur d’immeuble est tenu d’envoyer 3 mois avant la mise en service commerciale du point de mutualisation (PM) un certain nombre d’informations à la liste des opérateurs destinataires des informations concernant l’installation de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique dans les immeubles prévue à l’article R. 9-2 du CPCE (tenue à jour sur le site de l’ARCEP)

Autrement dit, l’intervention fin décembre visait à valider la disponibilité du point de mutualisation, et l’opérateur a décidé de ne faire courir le délai de 3 mois qu’à partir de ce moment, et pas avant (il aurait probablement pu décider d’anticiper la notification de mise en service, mais cela nécessiterait de prendre un petit risque : s’imposer en interne des contraintes de délai pour respecter les 3 mois).

Voilà donc la mise en service qu’on croyait imminente repoussée, au plus tôt, au 21 mars 2014…

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Routage ferroviaire pour raildar.fr avec Openstreetmap et OSRM

Pour fêter la nouvelle année, que je vous souhaite à toutes et tous joyeuse et heureuse, voici une petite application web que j’ai écrite récemment pour aider au débogage des trajets de raildar.fr, qui permet d’identifier plus rapidement les problèmes à corriger dans openstreetmap.org. Voir plus bas pour des précisions de fond.

Ça se révèle assez ludique (pour les amateurs de trains).

Voici l’URL temporaire “de travail” chez moi avec un exemple de trajet Londres-Amsterdam :

https://signal.eu.org/osm/?fromto=51.534377,-0.128574,52.379018,4.899988

Pour demander un trajet, on déplace simplement les deux marqueurs et le logiciel de routage se débrouille, et affiche la distance résultante.

En voici une copie d’écran (cliquer pour agrandir) :

LondresAmsterdam

Attention, ne bourrinez pas trop sur le serveur, le calcul des routes prend quelques secondes et utilise l’instance OSRM de raildar.fr.

L’application est aussi déployée sur les serveurs de @Turblog (Bruno Spiquel) dans une version un peu moins à jour.

Quelques précisions pour ceux qui ne connaissent pas : raildar.fr utilise les données SNCF de retard, ainsi que la base cartographique openstreetmap.org. openstreetmap.org est en quelque sorte le Wikipédia de la cartographie. Chacun peut y apporter des corrections. En complément, OSRM (Open Source Routing Machine) extrait les différents graphes (routiers, ferroviaires, etc) afin de calculer des trajets de toutes sortes dans le graphe.

Mon application est éhontément dérivée du code initial de raildar.fr (écrit par , basé sur leaflet et jQuery) auquel j’ai ajouté le décodage de la sortie OSRM.

 

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